Obésité

femmeOBÉSITÉ & TROUBLES ALIMENTAIRES

1- Y a-t-il plus d’obésité chez les lesbiennes?

L’une des principales causes de l’obésité est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées, et ce, bien que dans certains cas, elle soit le résultat d’une prédisposition génétique (Organisation mondiale de la santé, 2013). Chez les lesbiennes, selon l’ensemble des études portant sur la question, nous présentons un plus haut taux d’obésité que les hétérosexuelles (Fogel, 2010 & Fredriksen, Hyun-Jun, Barkan, Balsam & Mincer, 2010). L’un des facteurs principaux expliquant cette réalité, selon l’ensemble de la littérature, est la culture à laquelle nous appartenons. Cette culture ancrée dans notre communauté, entretient un rapport différent avec l’image corporelle et les standards de beauté, en ce que nous intégrons des critères différents de ceux issus de la culture dite «hétérosexuelle» (Fogel, 2010). Ces critères qui généralement, favorisent la minceur. Ainsi, la diversité des masses corporelles est davantage acceptée au sein de la communauté lesbienne.

L’obésité est susceptible d’occasionner plusieurs troubles de santé, tels des maladies cardiovasculaires (incluant les accidents vasculaires cérébraux), du diabète, de l’arthrose (une maladie dégénérative des articulations) ainsi que le cancer du sein (Organisation mondiale de la santé, 2013).

 

2- Prévention

Il y a certains gestes qui, au quotidien, peuvent être posés afin de prévenir ou réduire l’obésité. L’Organistion mondiale de la santé (2013) suggère en ce sens des mesures simples et concrètes :

  • Éviter une consommation excessive d’aliments riches en sucre et en graisse;
  • Privilégier une consommation de fruits et légumes, légumineuses, de céréales complètes et de noix; et
  • Faire de l’activité physique régulièrement.

 

3- Régime? Bon ou mauvais?

À l’ère où les discours en matière de santé sont nombreux, parfois même divergeants et contradictoires, il est de plus en plus difficile d’identifier quelles sont les meilleures manières pour non seulement entretenir une bonne santé, mais aussi pour prévenir ou diminuer l’obésité. Plusieurs types de régimes sont accessibles, étant souvent conceptualisés par des professionnels de la santé de sexe masculin et ciblant pour la plupart la population féminine. Bien qu’il existe peut-être des régimes efficaces et sans impacts pour la santé, il demeure toutefois important de souligner les risques qu’ils peuvent engendrer sur la santé physique et mentale. D’autant plus que l’efficacité des régimes demeure peu documenté, et ce, particulièrement au sein la communauté lesbienne (Fogel, 2010).

Lorsque l’on opte pour un régime procurant une perte de poids rapide (comme le font plusieurs femmes), c’est souvent parce qu’il est drastique. C’est-à-dire que ce régime propose de diminuer significativement notre alimentation. Ainsi, par mécanisme de survie, le corps brûle plus lentement les calories amassées et en reprenant un régime alimentaire dit «normal», le corps prend plus de temps à brûler les calories. Ce qui au final, fait en sorte que l’on est susceptible de reprendre davantage de poids que l’on en a perdu initialement. C’est ce qu’on appelle «l’effet yo-yo» des régimes drastiques (Galtier, 2013). Outre l’effet yo-yo, nous notons que certains régimes sont également susceptibles d’engendrer des carences alimentaires. Celles-ci engendrent alors des fatigues nerveuses et physiques, un affaiblissement musculaire, une diminution de la masse osseuse, des vertiges ainsi qu’une baisse de défense du système immunitaire (Galtier, 2013).  De plus, un régime alimentaire trop strict, outre les conséquences au niveau physique, entraine également des séquelles psychologiques. En effet, la volonté de vouloir contrôler son alimentation nous met plus à risque de développer des troubles alimentaires, tels que l’anorexie ainsi que la boulimie. Puis lorsque les objectifs de minceur ne sont pas rencontrés, cela occasionne aussi des impacts sur l’estime de soi (Dumas, 2010).

Pour conclure, avant de se tourner inévitablement vers un régime alimentaire dans le but de perdre du poids, il est suggéré (Fogel, 2010):

  • De considérer qu’il existe une diversité des corps et silhouettes chez les femmes, que cela n’est pas négatif en soi et ne fait pas en sorte que vous êtes en mauvaise santé;
  • D’être à l’écoute de votre corps et le nourrir selon ses besoins;
  • De prendre en compte les dangers de certains régimes sur la santé; et
  • De tenter de définir vous-même vos propres standards de beauté, et ce, à l’instar de ceux définit par la société.

 

4- Les lesbiennes et les troubles alimentaires

Les troubles liés à la nutrition sont fréquents chez les lesbiennes (Boehmer, Bowen & Bauer, 2007). Et même si nous sommes autant à risque que les hétérosexuelles face aux troubles alimentaires, les raisons pour lesquelles nous les développons s’avèrent différentes. Effectivement, alors que pour les hétérosexuelles, les troubles alimentaires s’expliquent en autre par la volonté de répondre aux critères de beauté issus de la culture hétéronormative, les lesbiennes peuvent développer ces mêmes troubles afin de gérer le stress associé à leur orientation sexuelle ou pour «camoufler» celle-ci (Jones, Malson, 2011). Les lesbiennes désirant cacher leur orientation sexuelle peuvent ainsi développer des troubles anorexiques, et ce, puisque la minceur est un critère de beauté associé à l’hétérosexualité féminine. Dans tout les cas, les troubles alimentaires chez les lesbiennes peuvent engendrer un impact significatif sur notre santé mentale et physique.

6- Liens Internet

  1. a) Liens en français

Organisation mondiale de la santé :

http://www.who.int/topics/diet/fr

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs311/fr/index.html

Doctissimo :

http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/dossiers/regimes/articles/12285-regime-sante-dangers.htm

Science et Avenir :

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/sante/20101125.OBS3651/les-regimes-amaigrissants-denonces-comme-des-pratiques-a-risque.html

Catalogue ta santé.com (gouvernemental) :

http://catalogue.santecom.qc.ca/

Passeport santé :

www.passeportsante.net

  1. b) Lien Internet en anglais :

Web MD :

http://www.webmd.com/default.htm

 

7- Liste de livres et articles

Danielle R. Brittain (2010). «Who, Me? Exercice?» : Physical activity among lesbians. Dans Suzanne L. Dibble & Patricia Robertson (dir.), Lesbian Health 101 :A Clinician’s Guide (183-199). Etats-Unis, San Francisco : UCSF Nursing Press.

Hyun-Jun Kim & Ksren I. Fredriksen (2010). Hispanic Lesbians and Bisexual Women at heaightened risk or health disparities. American Journal of Public Health. 102(1).e9-e15.

Patricia Case, Bryn Austin, David J. Hunter, Joann E. Manson, Susan Malspeis, Walter C. Willett & Donna Spiegelman (2004). Sexual orientation, health risk factors, and physical functioning in the Nurses’ Health Study II.  Journal of Women’s Health. 13(9). 1033-1047.

  1. Jones & H. Malson (2011). A critical exploration of lesbian perspectives on eating disorders. Psychology and Sexuality. 4(1). 1-27.

Sarah C. Fogel (2010). «But I Have Big Bones!» : Obesity in the lesbian community. Dans Suzanne L. Dibble & Patricia Robertson (dir.), Lesbian Health 101 :A Clinician’s Guide (165-181). Etats-Unis, San Francisco : UCSF Nursing Press.

Ulrike Boehmer, Deborah J. Bowen & Greta R. Bauer (2007). Overweight and obesity in Sexual-Minority Women : Evidence from population-based data. American Journal of Public Health. 97(6). 1134-1140.