Coming Out

femme1- Informations générales

Le coming out, provient de l’expression «coming out of the closet» et est issu du mouvement gai américain. Elle désigne le dévoilement de son orientation à ses proches et/ou à son entourage (RQASF, 2003). La traduction française du coming out est communément connue sous l’expression «sortie du placard».

Le contexte dans lequel un coming out est réalisé varie d’une lesbienne à l’autre. Effectivement, certaines réalisent tôt dans leur vie leur orientation sexuelle et dans ces circonstances, elles effectuent leur coming out lorsqu’elles se sentent suffisamment à l’aise pour en parler, soit généralement vers l’adolescence ou le début de l’âge adulte. Pour d’autres, la découverte ou l’acceptation de leur orientation sexuelle se fait plus tard, ce qui implique un coming out à un âge plus avancé.

Dans ce cas, le coming out peut souvent être complexifié par la situation familiale et conjugale dans laquelle se retrouvent les femmes. Effectivement, les lesbiennes découvrant ou assumant leur homosexualité à un âge plus avancé doivent fréquemment composer avec leur relation conjugale hétérosexuelle et parfois avec les enfants issus de cette union (RQASF, 2003).

Notons aussi que le fait que certaines lesbiennes aient grandi dans un environnement lesbophobe créé certaines difficultés quant à l’acceptation et l’affirmation de son orientation sexuelle (RQASF, 2013). Les autres obstacles au coming out sont aussi des sentiments de crainte, de colère, de culpabilité, de haine envers son orientation sexuelle, de négation ainsi que de peur du rejet (Gouvernement du Québec 2009).

Peu importe l’âge du coming out, celui-ci est le fruit d’une démarche d’affirmation de soi. Le coming out vise également à ne plus vivre son homosexualité dans le secret et entretenir des relations basées sur l’authenticité (ILGA, 2011). Or, il nécessite aussi une réflexion et une préparation sur ses répercussions, qu’elles soient sur vous ou sur votre entourage (Crips, 2005).

L’ensemble de la littérature portant sur le sujet suggère d’être siffisament à l’aise avec son orientation sexuelle avant de l’annoncer à un proche, le tout, afin de se préparer aux réactions possibles. Certaines réactions vous encourageront à en parler davantage, d’autres peuvent ne pas être nécessairement le résultat de vos attentes. Dans de telles circonstances, dites-vous qu’une première réaction n’est jamais définitive et que celle-ci peut être sujette à changement.

Dans tous les cas, il est suggéré de faire votre premier coming out à une personne en qui vous avez confiance, qui vous respecte et qui est susceptible de démontrer une ouverture face à votre orientation sexuelle (Gouvernement du Québec, 2009).

Parfois, en parler à un(e) ami(e) est moins menaçant que d’en parler à sa famille. Effectivement, le dévoilement de son homosexualité à sa famille peut provoquer un changement dans les rapports familiaux, qu’ils soient négatifs ou positifs (RQASF, 2003). Il n’en demeure pas moins que peu importe les réactions de l’entourage, l’essentiel est de se munir d’un réseau présent, acceptant et conciliant (RQASF, 2003).

Voici quelques questions que vous pouvez vous poser avant d’effectuer votre coming out à la personne que vous aurez choisie (Gouvernement du Québec, 2009 & Crips, 2005) :

  • Êtes-vous à l’aise avec votre orientation sexuelle?
  • Qu’est-ce qui fait que la première personne que vous avez ciblée pour faire votre coming out a été votre premier choix ?
  • Est-ce une personne généralement ouverte ?
  • Avez-vous anticipé quelques réactions possibles chez cette personne?
  • Serez-vous capable d’affronter d’éventuelles réactions négatives de cette personne?
  • Dépendez-vous financièrement de cette personne? Vivez-vous avec elle?
  • Avez-vous un réseau de soutien pour vous accompagner dans cette démarche?

 

Pour les femmes se retrouvant dans une relation hétérosexuelle et ayant des enfants, d’autres questions s’avèrent pertinentes (Crips, 2005):

  • Faut-il oui ou non l’annoncer aux enfants, et si oui, quand et comment ?
  • Vous sentez-vous assez forte pour affronter leurs éventuelles réactions négatives ?
  • Dépendez-vous financièrement de votre conjoint ?
  • Quelles sont vos autres ressources financières ?

 

2- Effets sur la santé

Même s’il n’y a pas de règles ni d’obligations en matière de coming out, n’obligeant donc en rien les femmes à dévoiler leur homosexualité (Dellebarre & Genon, 2011), il demeure tout de même que l’affirmation de son orientation sexuelle engendre des effets bénéfiques sur la santé. Évidemment, c’est le cas lorsque l’environnement dans lequel vous vous retrouvez est acceptant envers les minorités sexuelles. Certaines études se sont effectivement penchées sur la question et celles-ci mentionnent que les lesbiennes assumant leur orientation sexuelle ont un plus faible taux d’anxiété que les lesbiennes n’ayant pas fait leur coming out. Ainsi, réaliser son coming out a des effets positifs sur la santé des lesbiennes (BodyScience, 2013).

La haine de l’homosexualité alors que l’on est soi-même lesbienne, se désignant alors par la lesbophobie intériorisée, peut amener les lesbiennes à ne pas divulguer leur orientation sexuelle à leur entourage. La lesbophobie intériorisée engendre fréquemment de la détresse psychologique et un plus haut taux de consommation de drogues et d’alcool, ce qui évidemment, engendre des impacts à court ou long terme sur la santé mentale et physique (Roberson, 2010).

Finalement, considérant que la santé des lesbiennes présente certaines spécificités, il demeure suggéré de faire son coming out à son médecin (selon le contexte), et ce, afin que celle-ci ou celui-ci adapte ses soins et conseils vis-à-vis votre santé.

 

3- Ressources

  1. a) Centre de solidarité lesbienne (CSL)

Service de suivis individuels disponible aux femmes en questionnement sur leur orientation sexuelle ou désirant être accompagnées dans leur processus de coming out.

Pour plus d’information : (514) 526-2452

info@solidaritelesbienne.qc.ca

 

  1. Centre des femmes de Verdun

Services d’écoute individuelle disponible tous les mercredis matins pour lesbiennes.

Adresse : 4080, rue Wellington, local 203
, Montréal, Québec
H4G 1V4

Téléphone : 514-767-0384

Courriel : cfemver@qc.aira.com

Site web : www.centredesfemmesdeverdun.org

 

  1. AlterHéros

Alterhéros est un site web regroupant une communauté engagée dans la lutte aux préjugés et à la discrimination envers les lesbiennes, gais, bisexuel(le)s et transgenres. Dans la section «Parles-en à un expert», il vous est possible d’entrer en contact avec un intervenant formé pour répondre à toutes vos questions en lien avec la démystification de l’orientation sexuelle.

Pour plus d’information, voici le lien à suivre : www.alterheros.com

 

4- Liens Internet 

  1. a) Liens en français

Body science (recherche scientifique) : http://www.bodyscience.fr/?Faire-son-coming-out-est-benefique

Réseau québécois d’action pour la santé des femmes : http://rqasf.qc.ca/files/resume_SL.pdf

Le Crips : http://www.lecrips.net/L/L3/index.htm

 

  1. b) Liens en anglais

Association internationale de lesbiennes, gays, personnes bisexuelles, trans et intersexuées (ILGA) : http://ilga.org/

 

4- Liste de livres & articles

Suzanne L. Dibble & Patricia A. Robertson (2010) :  Lesbian Health 101 : A Clinician’s Guide. Etats-Unis, San Francisco : UCSF Nursing Press.

Joanne Greefield (2008). Coming out : The Process of Forming a Positive Identity. Dans Harvey J. Makadon, Kenneth H. Mayer & Hilary Goldhammer (dir.). Fenway : Guide to Lesbian, gay, and transgender health (p. 45-74). Etats-Unis, Philadelphie : American College of physicians.