Cancer du sein

femme1- Qu’est-ce que le cancer du sein ?

Le cancer du sein se forme dans les cellules du sein et différents types peuvent se développer dans les différents tissus de la poitrine. Le cancer peut aussi se propager au-delà de la région mammaire si les cellules se détachent de la croissance ou de la tumeur. Auquel cas, elles voyagent dans différentes parties du corps et compliquent les traitements (Fondation canadienne du cancer du sein 2013). L’apparition d’une masse dans le sein est généralement le signe le plus courant annonçant un cancer et la femme peut dans certains cas l’apercevoir elle-même. Une étude américaine a dévoilé que les lesbiennes sont plus nombreuses que les hétérosexuelles à être atteintes du cancer du sein (Kavanaugh-Lynch, 2010). Pourtant, les lesbiennes ne sont pas plus prédisposées physiologiquement ou génétiquement que les hétérosexuelles face à une telle maladie. Mais comme nous le verrons plus loin, elles présentent des facteurs de risques les rendant plus vulnérables. Depuis 1986, le taux de décès du cancer du sein au Canada a chuté de 42%, et ce, grâce aux diagnostics précoces ainsi que les mammographies régulières (Fondation canadienne du cancer, 2013).

2- Les facteurs de risque

a) Généraux

Il y a plusieurs facteurs de risques rendant les femmes (toutes orientations sexuelles confondues) plus à risque face au cancer du sein. D’abord, l’âge est un facteur important à prendre en compte, et ce, considérant que les femmes sont deux fois plus à risque lorsqu’elles sont âgées entre 40 et 50 ans (Kelly & Levine, 1999). De plus, les menstruations précoces (avant 12 ans), la prise d’hormones (se retrouvant notamment dans pilules contraceptives, dans des traitements pour contrer les effets de la ménopause, dans l’eau et dans l’alimentation), la ménopause tardive (après 52 ans), avoir plusieurs cas de cancer du sein dans sa propre famille, prendre du poids après la ménopause et faire peu d’exercice physique sont également des facteurs de risque (Fondation contre le cancer, 2012). Mais reste que selon un ensemble d’études, plus de 90% des facteurs liés au cancer du sein sont environnementaux. Ils sont ainsi substantiellement plus significatifs que les facteurs génétiques et proviennent la plupart du temps de produits chimiques auxquels nous sommes exposées quotidiennement (Action Cancer du sein Montréal, 2013).

b) Spécifiques aux lesbiennes

Il existe plusieurs facteurs de risques s’adressant spécifiquement aux lesbiennes pouvant nous rendre plus à risque face au cancer du sein. Effectivement, nos habitudes de vie, notre faible taux de consultation gynécologique et le fait que nous avons moins d’enfants biologiques font en sorte que nous nous voyons plus vulnérables face au cancer du sein.

i) Habitudes de vie

L’ensemble des études portant sur le sujet s’entend pour dire que les lesbiennes consomment davantage de tabac, drogues et d’alcool que les hétérosexuelles (voir fiche sur Dépendances). Sans compter que l’obésité est également une problématique rependue au sein de la communauté lesbienne (voir fiche sur l’Obésité). Ce sont là deux facteurs de risques significatifs rendant les lesbiennes plus à risque face au cancer du sein (Fondation contre le cancer, 2012).

ii) Le faible taux de consultation gynécologique

Les lesbiennes sont généralement peu entrain à consulter des professionnels de la santé. Cette réalité est notamment due aux appréhensions en lien avec des réactions lesbophobes ainsi que la non-nécessité de recourir à quelconque forme de contraception (contrairement aux hétérosexuelles). Cela fait donc en sorte que les lesbiennes sont souvent diagnostiquées tardivement lorsqu’elles sont atteintes du cancer du sein, ce qui a évidemment des impacts sur le traitement et les chances de rémission (ILGA, 2006).

iii) Ne pas avoir d’enfants biologiques

Maintes lesbiennes ne donnent pas naissance à un ou des enfant(s) biologique(s), et ce, soit parce qu’elles vivent leur expérience de maternité différemment (par exemple en élevant l’enfant biologique de leur partenaire ou en adoptant) ou soit parce qu’elles ne désirent simplement pas d’enfants. Et lorsque les lesbiennes donnent naissance à leur premier enfant, ce n’est rarement pas avant l’âge de 30 ans vu la plus complexité et les délais du processus (Centre LGBTQIF, 2013). Or, donner naissance à un enfant après l’âge de 30 ans augmente ou ne pas donner naissance à un enfant augmente les risques de cancer du sein. Cette réalité s’explique par le fait qu’une grossesse à un jeune âge permet des changements apportant une protection dans les tissus de la peau des seins (Kelly & Levine, 1999). Cette protection offre ainsi un plus grand risque d’immunité face au cancer du sein.
3- Comment mettre les chances de son côté?

a) Évaluer et modifier au besoin ses habitudes de vie

Quelques actions au quotidien permettent une prévention du cancer du sein. Vous pouvez notamment exercer régulièrement de l’activité physique, éviter la surconsommation d’alcool, vous abstenir de fumer et manger de façon équilibrée. Ce qui implique notamment de consommer une bonne quantité de fruits et légumes et d’éviter une trop grande consommation de gras saturés (Santé pluriElle, 2012). Vous pouvez finalement tenter d’éviter de vous exposer à des produits cancérigènes tels que les pesticides et les toxines (Fondation canadienne du cancer, 2012).

b) Dépistage

La mammographie demeure à ce jour la méthode la plus efficace pour détecter la présence d’un cancer du sein. Celle-ci est un procédé par lequel de faibles radiations sont envoyées au niveau de la poitrine afin de détecter la présence d’un cancer se logeant sur le sein (Gouvernement du Québec, 2013). La radiation causée par la mammographie est elle-même cancérigène. C’est pourquoi il est recommandé de procéder à un tel test pas plus d’une fois aux deux ans, et ce, pour les femmes âgées entre 50 et 69 ans (la mammographie s’avère, selon les recherches, inutile pour la détection du cancer du sein chez les groupes d’âges plus jeunes ou plus âgés) (Centre de santé Sherbourne, 2006 & Action Cancer du sein Montréal, 2013). Au Québec, le Programme québécois de dépistage du cancer du sein offre justement une mammographie tous les deux ans aux femmes âgées entre 50 et 69 ans. Ce Programme permettrait de réduire de 25% la mortalité associée au cancer du sein. Pour plus d’informations, veuillez suivre le lien suivant :
http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/pqdcs/index.php?accueil

D’autres formes de dépistages ont également été suggérées afin de détecter le cancer du sein. C’est le cas de l’auto-examen, consistant à observer et toucher ses propres seins tous les mois afin de détecter une quelconque masse pouvant indiquer la présence d’un cancer. L’examen clinique a également été mis de l’avant, consistant à une palpation des seins ainsi qu’à un examen des aisselles réalisé par un médecin. Bien que ces méthodes puissent parfois s’avérer utiles, elles ne demeurent toutefois pas aussi efficaces qu’une mammographie si celles-ci ne sont pas faites de façon régulière (Gouvernement du Québec, 2013).

4- Traitements

Il existe plusieurs traitements du cancer du sein. Ceux-ci dépendent notamment du stade du cancer, de la ménopause (le cas échéant), des risques de récidives, de l’état de santé global de la femme atteinte ainsi que de sa décision quant au traitement à adopter (Société canadienne du cancer, 2013). Il demeure d’ailleurs important de vous positionner sur le traitement que vous préférez, et donc de vous informer des avantages et inconvénients de chacun d’entre eux.

Tout au court du traitement et lors de la rémission, les lesbiennes doivent négocier avec leur nouvelle image corporelle (le cas échéant), tout en vivant parfois des difficultés relationnelles et sexuelles avec leur partenaire. Nous recevons toutefois un support plus grand de la part de notre conjointe comparée aux hétérosexuelles et nos amis sont souvent plus présents que notre famille (Kavanaugh-Lynch, 2010). Les traitements suivants s’avèrent à être les plus couramment utilisés dans le cadre du traitement du cancer du sein.

a) La chimiothérapie

Le traitement de chimiothérapie est offert soit lorsque le cancer du sein est précoce, mais dont le risque de récidive est élevé, soit lorsque le cancer est avancé, ou soit lorsqu’il est en récidive (Société canadienne du cancer, 2013). La chimiothérapie est la prise de médicaments (soit par intraveineuse ou oralement) s’attaquant aux cellules cancéreuses (Centre affilié universitaire du Québec, 2013). La chimiothérapie s’accompagne souvent d’effets secondaires, telle la perte des cheveux (qui recommenceront à pousser après environ trois à quatre semaines suivant le traitement), des nausées, des douleurs musculaires et articulaires et des vomissements (Centre affilié universitaire du Québec, 2013 & Fondation canadienne du cancer, 2013).

b) La chirurgie

Si la femme atteinte du cancer fait appel à la chirurgie en guise de traitement, celle-ci subit une chirurgie mammaire conservatrice (suivie d’une radiothérapie) ou la mastectomie radicale modifiée (Société canadienne du cancer, 2013). La chirurgie mammaire conservatrice consiste au retrait de la tumeur et d’une petite quantité de tissus, le tout, afin de conserver la plus grande partie du sein atteint (Institut national du cancer, 2011). La mastectomie radicale modifiée, quant à elle, est moins fréquente et est utilisée habituellement lorsque les autres options n’ont guère porté fruit. Elle consiste en l’ablation totale du sein, mais en épargnant les muscles et les nerfs sous-jacents (Institut national du cancer, 2011).

c) La radiothérapie

La radiothérapie est toujours administrée après une chirurgie mammaire conservatrice, et parfois après une mastectomie. La radiothérapie peut également être conseillée aux femmes atteintes d’un cancer du sein s’étant propagé sur les grandes surfaces osseuses (Société canadienne du cancer, 2013). Cette intervention consiste à détruire les cellules cancéreuses de la région affectée par le biais d’un traitement de radiation (CHUM, 2012).

5- Ressources

 La SEFACS (Groupe de soutien et d’entraide pour femmes atteintes du cancer du sein)
Groupe pour femmes atteintes du cancer permettant d’échanger et de partager entre elles ainsi que de favoriser leur adaptation ainsi celle de leurs proches.
Coordonnées:

Pour la participation au groupe :

Centre de santé et de services sociaux de Laval, Centre ambulatoire
1515, boul. Chomedey
Laval (Québec)
H7V 2R4
Pour vous inscrire : (450) 978-2129

 La Société canadienne du cancer
La Société canadienne du cancer offre aux personnes atteintes du cancer un groupe de soutien ayant lieu une fois par mois. Ce groupe est animé par un professionnel ou un bénévole.

Pour plus d’information : 1-888-939-3333

Il y a également plusieurs autres services offerts. Pour plus d’information, consultez le site Internet de la société :
http://www.cancer.ca/fr-ca/support-and-services/support-services/how-we-can-help/?region=qc
 Fondation cancer du sein du Québec
La fondation offre des ateliers et services aux femmes atteintes du cancer du sein.

Pour plus d’information :
http://www.rubanrose.org/Services_finances_par_la_fondation-fr-53

 Ateliers de Yoga-méditation pour femmes atteintes du cancer:

Centre communautaire Jean-Paul Campeau
3781, boul. Lévesque Ouest, salle 101
Laval
(près de la 80e Avenue)
Pour vous inscrire : 514 871-1717, poste 227

 Ligne téléphonique «Cancer j’écoute» (écoute téléphonique pour les personnes atteintes d’un cancer du lundi au vendredi de 8h à 20h)

1-888-939-3333
6- Liens Internet

a) Liens en français

Société canadienne du cancer :
http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/breast/overview/?region=qc

Action Cancer du sein Montréal :
http://www.bcam.qc.ca/fr

Fondation canadienne du cancer sein :
http://www.cbcf.org/fr-fr/central/AboutBreastCancerMain/Pages/default.aspx

CHUM Montréal :
http://www.chumontreal.qc.ca/sites/default/files//images/55_4005040_la_radiotherapie_pour_traiter_le_cancer_du_sein_4_fin_2012-04-05_2emention.pdf

Centre hospitalier affilié universitaire du Québec :
http://www.centredesmaladiesdusein.ca/cancer-du-sein/statistiques/index.html

Centre LGBTQIF :
http://www.jensuisjyreste.org/IMG/pdf/WEB_Recto_plaquette_cancer_sein.pdf

Programme du Ministère de la santé et des services sociaux de dépistage du cancer du sein :
http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/pqdcs/index.php?accueil

Réseau québécois d’action pour la santé des femmes :
http://rqasf.qc.ca/files/faits_saillants.pdf

Institut national du cancer :
http://www.e-cancer.fr/cancerinfo/les-cancers/cancer-du-sein/le-sein

Santé pluriElle :
http://www.sante-plurielle.ch/Th%25C3%25A8mes/Cancers/Cancer%20du%20sein/?a=202,216,217

Lesbiennes et cancers (MAG Paris)
http://www.mag-paris.fr/article.php3?id_article=837
b) Liens en anglais

Brest cancer society :
http://www.bcsc.ca/p/41/l/120/t/Breast-Cancer-Society-of-Canada—Types-of-Breast-Cancer

Breastcancer.org :
http://www.breastcancer.org
7- Liste de livres et articles

Marion H. E. Kavanaught-Lynch (2010). «Why us?» : Breast cancer among lesbians. Dans Suzanne L. Dibble & Patricia Robertson (dir.), Lesbian Health 101 (p. 381-394 ). Etats-Unis, San Francisco : UCSF Nursing Press.

Pat Kelly & Mark Levine (1999). What You Need to Know About Breast Cancer. Canada, Hamilton : Empowering Press.

Sandra Butler & Barbara Rosenblum (1996). Cancer in two voices. État-Unis, Floride : Spinsters Ink.